samedi, mars 31, 2007

Je Bosphore

Ce matin, dès l'aube (l'aube se lève assez tard en Turquie), je me levai avec moult entrain pour vous faire découvrir le bord européen du Bosphore.
Le ciel laiteux n'incitait pourtant pas à l'optimisme ; j'avais bien déclaré la veille, assez fort pour que l'autre sur son nuage m'entende, "demain il fait beau!". Trop facile n'est-ce pas?

Je suis donc monté dans un bus à Taksim... direction Sarıyer! Ouah, je sais, le fou! Non bon Sarıyer c'est une grande ville de pêcheurs toute proche de la Mer Noire (Karadeniz), à l'extrême nord d'Istanbul.

Alors Sarıyer... que vous dire si ce n'est que c'est une ville vraiment pas comme les autres. Elle est assise sur les collines et a les pieds dans l'eau.
Les inégalités sont là, tout aussi patentes.

Et puis j'ai passé ma route, laissant Sarıyer derrière moi. En se retournant j'avais un peu le sentiment d'une ville-champignon greffée sur un petit centre-ville vivant autour du monde de la pêche.


La colline est en effet couverte de maisons ou de petits logements collectifs, construits sans cohérence apparente.
Je marche à présent en direction de Tarabya, la petite ville dans laquelle se trouve mon département. Il faut savoir qu'une ballade au bord du Bosphore peut par moment prendre un tour assez fatiguant : il est d'usage que les automobilistes roulent très vite (90-100 km.h-1 dans les lignes droites. Les panneaux n'y font rien... aussi est-ce commun d'entendre la circulation depuis nos salles de cours).

Ah ah, nous y voilà.
Et tout adossé à mon département de Marmara, noble institution pas vraiment au coeur de l'université, c'est le...








... qui a logé en son temps notre cher M. Balans.






Quittons Tarabya et marchons encore un peu.
Yeniköy, dont voici le superbe Consulat général d'Irak! à moins que vous n'ayez fait entre temps une pause au "passion" (on peut y manger de délicieux cheese-cakes...).
Mais je dois ajouter une chose à mes propos, sans quoi le bord de Bosphore ne serait pas vraiment tout à fait le bord du Bosphore. En réalité on y croise de nombreux stambouliotes, qui viennent pratiquer la pêche, véritable sport national. Imaginez tous ces gens, riches, pauvres, hommes, femmes, enfants qui pêchent tout le long du Bosphore. Or il faut bien nourrir ces fiers pêcheurs, l'accès aux commerces ou restaurants n'étant possible que dans les petites villes. Il existe donc ici aussi un groupe de commerçants nomades qui sillonent la zone du bord de mer (vendeurs de maïs, de simit, de friandises, de matériel de pêche, de kokoreç...).
Vendeur de Kokoreç. Le kokoreç sont des tripes cuisinées qu'ils font tourner autour d'une broche et qui, une fois grillées, placent dans un bout de "baguette".

Istiniye, une ville cauchemard pour tous ceux qui ont à la traverser autrement qu'à pied. Bref, mon cauchemard de la semaine. Il faut toujours au bas mot dix minutes pour parvenir à enfin s'y faufiler.


Il pleuvait des cordes et j'avais 14 Km dans les pattes. J'ai donc cru bon de m'arrêter au Sabancı müzesi, pour y voir l'exposition sur Gengis Han, très intéressante d'ailleurs.
Et la fin du trajet a été suivi en bus par votre humble serviteur, car à ma sortie il pleuvait tout autant. Entracte publicitaire..

6 Comments:

Blogger Louis said...

Hum Kokoreç...encore un plat à classer dans la catégorie "Panique au Palais" (note le jeu de mots quand même) aux côtés du Suströmming et de la Marmite...

dim. avr. 01, 10:53:00 AM UTC+2  
Blogger Nonosapionce said...

En effet, mon palais peut témoigner des effets dévastateurs de ce plat de rue, qui devait en théorie être supprimé par les critères de Copenhague (pour cause de salubrité). Mon premier kokoreç (je précise que chaque fois que j'en ai mangé c'était en compagnie de turcs...) était plutôt bon, assaisoné d'une petite sauce à la tomate et aux herbes. Le second étant plus croustillant sous la dent je n'ai pu en manger que deux bouchées, mes dents baignant dans le jus...

dim. avr. 01, 11:05:00 AM UTC+2  
Blogger Nonosapionce said...

Je connais la Marmite mais le suströmming kezako?

dim. avr. 01, 11:45:00 AM UTC+2  
Blogger Louis said...

Lol c'est un des plats traditionnels suédois, à base de poisson pourri (en gros ; Sarah pourra témoigner):
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6a/Surstr%C3%B6mming.jpg

Ca c'est une image qui en dit long...

dim. avr. 01, 12:47:00 PM UTC+2  
Blogger Clotilde said...

14 km dans les jambes et la force d'aller danser sur les planches quelques peu rebondissantes de l'Eski Beyrouth le soir... Admirative ! A bientôt à Tarabya ;)

dim. avr. 01, 05:44:00 PM UTC+2  
Blogger Nonosapionce said...

Oui oui, à bientôt à Tarabya ;) Je t'y attends, bien sûr!
Mais au fait... tu dois connaître le suströmming toi, non?

dim. avr. 01, 10:40:00 PM UTC+2  

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